Tract diffusé à l’occasion de la venue de Mme Alliot-Marie le 17 juillet 2013 à Montpellier

Rencontres de Pétrarque
Le 17 juillet 2013, le thème est :
A quoi ressemblera la guerre du futur ? Qui seront les victimes ?
avec Michèle Alliot-Marie ancienne ministre de la défense, de l’intérieur, de la justice et des Affaires étrangères des
gouvernements de N. Sarkozy.

On connait les victimes. Ce sont les peuples.
La question est plutôt : comment les protéger ?

La circulaire « Alliot Marie »
En février 2010, à la demande du CRIF et par une simple lettre circulaire, Michèle Alliot-Marie, garde des sceaux a commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation par les peuples, à savoir le boycott sous différentes formes et cibles (cf. B. Hurel, Libération 19 novembre 2010).
La circulaire demande aux Parquets de considérer les appels au boycott des produits d’un pays comme une provocation publique (« incitation ») à la discrimination envers une nation ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique punie d’1 an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. La circulaire s’appuie curieusement sur :
– un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse assimilant ces actions à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale et
– sur une loi de 1977 sur la discrimination économique votée au début de la libéralisation et de la financiarisation de l’économie mondiale.
Ces injonctions aux juges des Parquets ont été réitérées le 15 mai 2012 par son successeur, M. Mercier, (circulaire signée après l’élection de F. Hollande).
On savait que les lanceurs d’alerte étaient encore hors la loi mais désormais des citoyens qui luttent pour le droit et la justice sont considérés comme une association de malfaiteurs racistes qui attentent à la bonne marche du commerce. On peut boycotter individuellement mais sans le dire en public.

La lettre circulaire doit être abrogée
Des militants antiracistes, anticolonialistes et anti apartheid, solidaires des palestiniens sont actuellement poursuivis (3 à Perpignan, 7 à Alençon et 12 à Mulhouse). Contre ces procès politiques,150 organisations internationales les soutiennent, du Brésil au Japon. Un appel de soutien a été lancé en octobre 2010 (« Appel Stéphane Hessel et Alima Boumediene-Thiery », sénatrice). Plusieurs lettres et interventions de
députés insistent auprès de la nouvelle ministre de la Justice, Christiane Taubira, garde des sceaux, pour qu’elle annule la « circulaire Alliot-Marie » et respecte l’indépendance de la justice.
La France est le seul pays européen à considérer l’appel au boycott comme un acte délictueux passible de sanctions. Les actions de boycott ont pourtant lieu régulièrement contre la politique d’autres pays (Chine, Ukraine, la Russie, la Corée, la Libye etc.). Elles ne sont pas considérées comme illégales et ne font l’objet d’aucune poursuite. En fait, la circulaire vise uniquement les actions de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre la politique israélienne. Pourtant, Israël n’a jamais respecté les conventions de
Genève, les résolutions de l’ONU et les recommandations du Tribunal international de La Haye, etc.

Pourquoi cet embargo citoyen ?
Certains sont contre le boycott et soutiennent la circulaire (cf la pétition « Le boycott d’Israël est une arme indigne » du 1er novembre 2010). Sanctionner les exportations israéliennes en Europe est pour eux, un message de haine réservé à aucune autre nation au monde : un pays « démocratique » avec une colonisation « démocratique » puisqu’ouverte à tous les juifs du monde entier, des crimes de guerre soft, etc. Il n’y a pas d’occupation puisque toute la Palestine est annexée (cf les cartes de l’office du tourisme israélien) à part quelques petites taches où sont parqués d’irréductibles indigènes.
Quant à nous, nous croyons par nos modestes protestations citoyennes, défendre le droit et la justice partout dans le monde et en particulier en Palestine comme l’a fait le Tribunal Russell sur la Palestine et favoriser au contraire de véritables négociations depuis l’armistice de la guerre de 1967 (il y a 46 ans).

La pénalisation de la contestation est toujours une mauvaise nouvelle pour la démocratie.
Nous exigeons du gouvernement français l’annulation des circulaires Alliot-Marie–Mercier

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Association France Palestine solidarité Section de l'Hérault
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